Cette nouvelle ne parle pas seulement de la mort d’un homme. Elle montre à quel point le soi-disant système judiciaire et répressif russe est devenu inhumain. Un homme innocent et gravement malade a demandé une assistance médicale pendant 20 audiences — et un seul soignant s’est souvenu du serment d’Hippocrate. Mais le système du FSIN ne sauve pas, il achève : seuls les plus solides physiquement peuvent y survivre. Vladimir Ossipov n’en faisait pas partie. Il a été tué pour avoir dit la vérité sur internet, et on ne lui a même pas laissé prononcer un dernier mot. Voilà tout ce qu’il faut savoir sur le système et sur les médecins qui le servent.
Les adieux à Vladimir Ossipov auront lieu à Kertch le mercredi 25 mars : à 10 h 30 sera célébré l’office funèbre à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, puis à 12 h 00 aura lieu l’inhumation au cimetière d’Opasnenskoïe.
Vladimir Ossipov est mort dans un hôpital d’Oukhta après y avoir été transféré le 16 mars depuis le centre de détention provisoire de Sosnogorsk, alors qu’il était dans le coma. Ni sa famille ni son avocat n’en ont été informés. Au lieu de recevoir les soins nécessaires, il a été transféré depuis un centre de détention de la région de Moscou vers la république des Komis, sans même attendre que sa condamnation devienne définitive. La cause officielle du décès est un AVC.
Vladimir avait signalé à plusieurs reprises ses problèmes de santé, notamment une hypertension sévère, devant le tribunal municipal de Lioubertsy puis devant la cour régionale de Moscou. Mais on lui a systématiquement refusé des soins. Une seule fois, sur les vingt audiences, une infirmière a reconnu l’évidence : une tension de 220–240 sur 180 nécessitait une hospitalisation d’urgence. Vladimir a alors été conduit sous escorte à l’hôpital, examiné et placé sous perfusion — avant d’être ramené de force au centre de détention. Plus tard, une fausse mention est apparue dans son dossier médical, affirmant qu’il avait quitté l’hôpital de son plein gré et accompagné de ses proches.
En novembre 2025, Vladimir Ossipov a été condamné à six ans et demi de colonie pénitentiaire à régime général pour « diffusion de fausses informations sur l’armée ». Au cours du procès, il a été expulsé deux fois de la salle d’audience et finalement privé de son dernier mot : le tribunal a interprété ses plaintes concernant son état de santé comme un refus de s’exprimer. L’examen de son appel devant la cour régionale de Moscou était fixé au 19 mars, mais dès le 18 mars, lorsque son avocat est arrivé à Oukhta pour l’audience, il a appris que Vladimir Ossipov était mort.