Malheureusement, à l’heure actuelle, en Russie, la société civile a perdu la lutte pour ses droits. Même les rares manifestations non autorisées portant sur une question qui semble, à première vue, non politique — le droit à un internet non censuré, une fenêtre ouverte sur le monde civilisé — se terminent par des arrestations, des violences, des menaces et des violences sexualisées. C’est ainsi que meurt la liberté : lorsque la majorité, en échange d’une stabilité et d’une sécurité illusoires, consent à la capitulation de ses propres droits.
Les manifestations du 29 mars contre le blocage d’internet en ont apporté une nouvelle preuve : selon OVD-Info, 19 personnes ont été interpellées à travers la Russie, dont 14 à Moscou. Au moins deux personnes interpellées dans la capitale ont déclaré avoir été battues dans des commissariats. Artur Wagner a raconté que, au commissariat de Mechtchanski, des policiers l’avaient frappé à l’arrière de la tête pour le contraindre à témoigner contre sa tante, Ekaterina Wagner, arrêtée avec lui. Vladislav Azarotchkine, interpellé sur la place Bolotnaïa, a affirmé avoir été battu au commissariat de Iakimanka et menacé de torture et de viol. Parmi les personnes arrêtées figuraient également des mineurs et, selon les informations rapportées, des avocats n’ont pas été autorisés à voir certains détenus à Moscou.