Toute une époque disparaît. Les personnes ayant traversé le mouvement dissident de la fin de l’URSS, malgré les répressions et les pressions, trouvaient encore la force et l’espoir de résister au système. Mais la Russie d’aujourd’hui est devenue encore plus sombre — plus cruelle, plus inhumaine et bien plus massive dans la violence de guerre et les persécutions politiques.
Une autre âme sensible et digne n’a pas pu le supporter. Nina Litvinova a volontairement quitté cette vie — une personne qui avait consacré son existence à défendre les autres et à lutter contre l’injustice.
Sa sœur, Macha Slonim, a annoncé sa mort. Selon elle, les médias d’État russes, citant les forces de l’ordre, ont immédiatement diffusé l’information sur son suicide, mais ont refusé de publier sa lettre d’adieu — car elle expliquait trop clairement les véritables causes de cette tragédie.
Dans cette lettre, Nina Litvinova écrivait qu’elle ne pouvait plus vivre en regardant la guerre, les meurtres de civils innocents et les répressions politiques sans fin. Elle parlait des milliers de personnes qui souffrent et meurent en prison simplement parce qu’elles s’opposent à la guerre et à la violence. Elle mentionnait notamment les prisonnières politiques Yevgenia Berkovich, Svetlana Petriychuk, Karina Tsurkan, et reconnaissait que ses forces étaient épuisées et que le sentiment d’impuissance était devenu insupportable.
C’est un symbole terrifiant de notre époque : même les personnes ayant survécu au système soviétique ne supportent plus ce qu’est devenue la Russie contemporaine.
Ne soyons pas trop sévères envers elle. L’amour de l’humanité est un fardeau très lourd — surtout aujourd’hui, dans un pays appelé la Russie.