Dans les prisons russes, l’histoire et Goethe semblent presque hors-la-loi. Du moins, c’est ainsi que cela apparaît aujourd’hui : ce qui, dans les pays цивилизés, est considéré comme normal — et даже comme un outil de réinsertion — l’éducation, la lecture, la littérature — devient dans la Russie contemporaine un prétexte à des sanctions supplémentaires. Et si un manuel d’histoire et un livre de poésie peuvent conduire au mitard, que se passera-t-il ensuite ? La parole artistique deviendra-t-elle un motif d’humiliations et de nouveaux blâmes disciplinaires ?
Cette logique de « punition pour les livres » n’est pas une métaphore ni un procédé journalistique. C’est une histoire bien réelle qui se déroule en ce moment même autour du journaliste de RusNews, Roman Ivanov.
Le tribunal municipal de Kolomna a refusé au journaliste de RusNews Roman Ivanov un assouplissement de son régime de détention. Comme mesure d’assouplissement, Roman demandait à être transféré vers des travaux correctionnels.
Pour créer un prétexte formel afin de refuser cet assouplissement, une sanction disciplinaire lui a été infligée parce que, en journée, deux livres se trouvaient sur son lit — un manuel d’histoire et Goethe — après quoi Ivanov a été envoyé au ШИЗО (cellule disciplinaire d’isolement) pour trois jours. Roman lui-même qualifie cette durée de « promenade d’initiation ».
En mars de l’année dernière, le tribunal municipal de Korolev (région de Moscou) a condamné le journaliste de RusNews Roman Ivanov à 7 ans de colonie pénitentiaire au titre de l’article sur les « fake news » concernant l’armée russe, pour des publications pacifistes sur les réseaux sociaux. Le 13 mai, le tribunal régional de Moscou a confirmé la condamnation de Roman — 7 ans dans une colonie de régime général.
Roman Ivanov est le deuxième journaliste de RusNews, après Maria Ponomarenko, à avoir été condamné pour des « fake news » sur les forces armées de la Fédération de Russie.