De nouveaux témoignages inquiétants parviennent de Russie : pour le système, il ne suffit souvent pas de « mettre » un opposant politique en prison — la pression se poursuit en détention, sapant la santé et le мораль. L’un des instruments est l’épuisement matériel et psychologique : froid, privations, menaces de violence et exigences humiliantes, qui peuvent conduire à de graves conséquences « comme si elles survenaient d’elles-mêmes ».

Alexeï Gorinov demande une hospitalisation à cause du froid dans sa cellule et d’une bronchite

L’ancien conseiller municipal Alexeï Gorinov a déposé une demande de transfert vers un établissement pénitentiaire à vocation médicale en raison de la dégradation de son état de santé. L’information a été rapportée par Mediazona.

Selon Gorinov, depuis un mois et demi il est détenu dans une cellule insuffisamment chauffée : de la glace s’est formée à l’intérieur du cadre de la fenêtre et, pour ne pas avoir froid, il est contraint de porter un pull en permanence et de dormir sans se déshabiller.

Dans le même temps, affirme-t-il, l’administration exige qu’il enlève ce pull, en le menaçant de recourir à la force. Il souligne que le seul moyen de se réchauffer un peu est de rester toute la journée près du radiateur, qui ne parvient pourtant pas à chauffer la cellule.

Il est rapporté qu’il souffre actuellement d’une bronchite. Or, Gorinov, âgé de 62 ans, présente aussi une maladie pulmonaire chronique : en 2016, à la suite d’une tuberculose, une partie de son poumon a été retirée, ce qui rend particulièrement dangereuses toute complication respiratoire et l’hypothermie.

Contexte : Gorinov est l’un des prisonniers politiques les plus connus de ces dernières années ; les poursuites à son encontre sont liées à des déclarations anti-guerre, et des défenseurs des droits humains ont à plusieurs reprises alerté sur les risques pour sa santé en détention.

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