Il est difficile d’interpréter ces informations de façon univoque — bonne nouvelle ou malheur — mais, à en croire le témoignage d’Andreï, Russe de souche et citoyen du Kirghizistan, il n’existerait désormais plus d’autre moyen d’obtenir la citoyenneté russe que de passer par le service dans la guerre (désignée par les autorités russes comme l’« opération militaire spéciale ») pour les hommes de 18 à 65 ans. Quoi qu’il fasse, dit-il, il essuie des refus formels, y compris pour des motifs qu’il juge absurdes, comme l’exigence de maîtrise linguistique imposée à des enfants qui ne parlent pas d’autres langues et ont grandi uniquement en russe en Russie.
Alors, est-ce un bien ou un mal ? Car aujourd’hui, si l’on veut devenir citoyen de Russie, on aurait encore le choix : servir ou ne pas servir dans cette guerre sordide et répugnante. Mais si l’on obtient finalement la citoyenneté, conservera-t-on ce même choix demain ?

« De 18 à 65 ans, tout passe par l’OMS », affirme Andreï en décrivant ses démarches pour obtenir un titre de séjour et la citoyenneté russe. Selon lui, la procédure ordinaire ne fonctionne plus et laisse une seule voie « réelle » : signer un contrat avec le ministère de la Défense et être envoyé au front.

D’après Andreï, il a déménagé en Russie le 21 juin 2025 avec ses deux enfants mineurs, en comptant régulariser sa situation par la voie classique. Cependant, dit-il, ses démarches auprès des services de migration à Serpoukhov et Podolsk se sont soldées par des délais prolongés ou des refus pour des motifs formels.

« Un nouveau décret est sorti : tout passe par l’OMS », dit-il, en précisant qu’il ne s’agit pas d’une injonction écrite, mais de la pratique qu’il dit avoir subie.

Motifs formels et “exigences supplémentaires” sans fin

Andreï affirme que de nouvelles conditions apparaissaient sans cesse, transformant la procédure en cercle fermé. Il cite notamment :

  • des demandes de mettre à jour des documents, y compris des actes de naissance ;
  • le refus de prendre en compte un examen médical : selon lui, la visite effectuée à Sakharovo n’a pas été acceptée et il a dû la refaire à Podolsk ;
  • des vérifications et délais d’attente de plusieurs mois ;
  • des refus répétés qu’il juge fabriqués.

Refus concernant les enfants et problème de scolarisation

Andreï insiste aussi sur ce qui concerne ses enfants. Il affirme que, bien qu’ils aient été scolarisés en russe, aient grandi dans un environnement russophone et ne parlent pas d’autres langues, ils se seraient vu refuser le titre de séjour au motif d’un :

  • « niveau insuffisant de maîtrise de la langue russe ».

Il affirme également que les enfants auraient été refusés à cinq reprises pour l’inscription dans une école publique, ce qui leur aurait fait perdre une année scolaire.

Conclusion d’Andreï

Selon lui, obtenir la citoyenneté « par la voie ordinaire » est devenu pratiquement impossible, et il ne resterait en pratique que l’option du contrat militaire, suivie d’un départ vers la zone de guerre.

Son récit pose une question centrale : si aujourd’hui un passeport est présenté comme une récompense pour la participation à la guerre, le droit de choisir existera-t-il encore demain — une fois la citoyenneté obtenue ?

Source : la chaîne Telegram « N’ATTENDEZ PAS DE BONNES NOUVELLES ».

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