Créée comme une plateforme censée prendre en compte l’opinion des citoyens, l’Initiative publique russe a été dès le départ moins un véritable mécanisme d’influence sur le pouvoir qu’un instrument de simulation de la participation citoyenne. Ce n’est pas un hasard si cette plateforme a été lancée à l’initiative du président Vladimir Poutine en 2013 — à une époque où le régime cherchait encore à entretenir l’illusion que l’opinion publique avait de l’importance à ses yeux. La manière dont le pouvoir « prend en compte » l’opinion des citoyens apparaît avec une particulière netteté dans la nouvelle suivante.

La pétition contre les blocages de Roskomnadzor n’est pas publiée

🌟 En décembre, mes partisans et moi avons déposé une initiative sur le portail officiel de l’Initiative publique russe (ROI). Nous avons demandé que le blocage des sites et des applications ne puisse être décidé que par voie judiciaire et que cette procédure soit entièrement transparente.

Dans la pétition, nous avons proposé que chaque décision de blocage soit rendue publique, et qu’une commission indépendante composée de citoyens, de juristes et de spécialistes techniques supervise ce processus et puisse formuler des recommandations.

Selon la loi, la modération de la pétition aurait dû être achevée avant le 5 février, mais aucune réponse claire n’a encore été donnée.

Le support technique ignore systématiquement nos recours. La première demande a reçu des réponses purement formelles ; la deuxième et la troisième ont confirmé que la pétition était toujours en cours de modération, alors même que tous les délais avaient déjà expiré. Nous avons envoyé une nouvelle demande de précision, mais ils ont choisi de ne pas y répondre.

Nous pourrions sans difficulté recueillir 100 000 signatures nécessaires à un examen au niveau fédéral — des millions de Russes sont déjà fatigués des blocages et du ralentissement des services. Il est évident que cette initiative ne menace personne, mais elle répond à une attente réelle de la société. Nous continuerons à exiger sa publication.

Si les autorités sont convaincues d’avoir raison, elles n’ont rien à cacher. Mais lorsqu’elles ont peur même de publier une pétition, il est temps de reconnaître ouvertement les véritables problèmes et d’assumer la responsabilité de leurs actes.

Source : la chaîne Telegram d’Ekaterina Duntsova : https://t.me/Duntsova/878

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