Dans cette affaire, tout est révélateur : ce qui a choqué le militaire, ce n’est pas la mécanique même de la guerre, mais le fait que des policiers à Podolsk en aient énoncé tout haut la logique véritable. Les humiliations infligées à Maria Tsydenova et les souhaits de mort adressés à tous les habitants de la Bouriatie présents dans la zone de l’« opération militaire spéciale » ne sont pas un simple « dérapage », mais l’expression brutalement honnête, quoique monstrueuse, de la manière dont fonctionne le système. Celui-ci a déjà jeté dans le broyeur les Bouriates, d’autres peuples autochtones et minoritaires, les Ukrainiens et les Russes eux-mêmes. Dès lors, la question centrale reste la même : combien faudra-t-il encore de morts pour que cette vérité monstrueuse cesse d’être maquillée en « service à la patrie » ?
Ci-dessous, la dépêche elle-même.
Le militaire Alexandre Babkine, servant dans la 37e brigade indépendante de fusiliers motorisés de la Garde (unité militaire 69647), a enregistré une déclaration dans laquelle il fait état d’agissements illégaux de policiers à Podolsk, dans la région de Moscou, à l’encontre de Maria Tsydenova, habitante de la Bouriatie, née le 7 novembre 1984.
Selon le militaire, la femme est sortie de chez elle sans passeport, après quoi elle a été interpellée puis conduite au commissariat. Pendant son interpellation et son maintien au poste, elle a subi des propos humiliants. Mais ce qui a particulièrement indigné le militaire, ce sont les paroles des policiers, qui ont souhaité la mort à tous les habitants de la Bouriatie se trouvant dans la zone de l’OMS.
Alexandre a déclaré que, lorsque des militaires se trouvent en zone de combat, leurs proches ne devraient pas avoir à subir humiliations, pressions et sentiment de vulnérabilité dans la vie civile :
« Nous ne permettrons pas une telle humiliation à l’égard de leurs proches. »
Le militaire a qualifié les faits de manifestation grossière de mépris envers tous les participants à l’OMS présents dans la zone de combat. Il a saisi le ministre de la Défense et le chef du ministère russe de l’Intérieur afin que les policiers impliqués soient tenus pour responsables.
Source : chaîne Telegram « N’attendez pas de bonnes nouvelles » — https://t.me/ne_zhdi_novosti/5036