Le soi-disant Cour suprême a qualifié d’extrémistes ceux qui, depuis des décennies, s’efforçaient de rétablir la vérité historique sur les répressions, interdite à l’époque soviétique. Il semble qu’aujourd’hui soit revenue une époque où la mémoire et la vérité, ainsi que la moindre aspiration à la justice — même posthume — deviennent des crimes, punis presque comme des meurtres de masse, tandis que la destruction de peuples entiers, des villes ravagées et la mort de civils sont présentées comme une norme de l’État, initialement façonné par des kleptocrates et des criminels, et désormais aussi par des criminels de guerre.
Ci-dessous, les détails de l’actualité.
La reconnaissance de « Memorial » comme « organisation extrémiste » et l’interdiction de ses activités en Russie reviennent à criminaliser le travail de défense des droits humains. Commentant la décision des autorités russes, Denis Krivosheev, directeur adjoint pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International, a déclaré que pendant près de quarante ans, Memorial a documenté de manière constante les répressions passées et actuelles, préservant la mémoire de millions de victimes de violations des droits humains — du Goulag stalinien aux abus commis lors des conflits en Tchétchénie, en Géorgie et en Ukraine, ainsi que les persécutions visant les critiques du Kremlin et les opposants politiques aujourd’hui.
Selon Krivosheev, en déclarant « Memorial » extrémiste, les autorités ne s’attaquent pas seulement à l’une des plus anciennes organisations de la société civile en Russie et lauréate du prix Nobel de la paix 2022, mais aussi à l’idée même de défense des droits humains. Désormais, même mentionner l’organisation sans indiquer son statut « extrémiste », partager ses contenus ou exprimer un soutien sur les réseaux sociaux peut entraîner des poursuites pénales. Amnesty International estime que cette décision vise à exclure Memorial de l’espace public et à effacer ses vastes archives sur les violations des droits humains.
Les défenseurs des droits humains ont appelé les autorités russes à annuler immédiatement cette décision et à garantir que Memorial et d’autres organisations indépendantes puissent fonctionner librement conformément aux obligations internationales de la Russie en matière de droits humains.
Selon les informations disponibles, le 9 avril 2026, lors d’une audience à huis clos, la Cour suprême de Russie a approuvé la demande du ministère de la Justice visant à reconnaître le « Mouvement public international “Memorial” » — une appellation utilisée comme terme générique pour les structures liées à Memorial — comme extrémiste et à interdire ses activités dans le pays. Cette décision marque l’aboutissement de plusieurs années de pression : depuis 2014, certaines structures et membres ont été désignés comme « agents étrangers », en 2021 des organisations clés ont été dissoutes, et en février 2026 des entités internationales liées ont été classées « indésirables ».
Source : Amnesty International