Voilà la réalité de la Russie actuelle : toute forme de désaccord public est de plus en plus considérée comme un crime grave. Bientôt, on pourra être emprisonné non seulement pour des déclarations contre la guerre, mais aussi pour avoir critiqué la censure d’Internet, la corruption ou les problèmes écologiques. L’objectif du pouvoir est de faire taire toute vérité qui menace le pouvoir sans limite de Vladimir Poutine.
Le bouddhiste zen Ilya Vassiliev, connu sous le nom d’Arvi Hacker, a été condamné à 8 ans de prison pour « fausses informations » sur l’armée. L’affaire repose sur un message à propos de Kherson, où vit la famille de son père, évoquant des civils tués et le refus d’un cessez-le-feu de Noël.
Vassiliev enseignait la programmation à des adolescents, avait ouvert un centre zen chez lui et se préparait à devenir moine. Selon ses proches, il a toujours rejeté la violence et a profondément souffert de la guerre.
Les forces de sécurité ont perquisitionné son domicile en 2023, saisi ses appareils et lui ont d’abord infligé une amende. Ensuite, une affaire pénale a été ouverte. Finalement, l’accusation s’est appuyée sur un seul message exprimant de la compassion et un désir de paix.
Les autorités y ont vu des « fausses informations » et un motif de haine politique. Mais accuser un bouddhiste qui parle de souffrance humaine et de paix de haine est absurde. Ses paroles n’étaient pas un appel à la violence, mais une expression de compassion.
Dans la Russie d’aujourd’hui, même le pacifisme devient un crime. Souhaiter que personne ne meure peut entraîner une peine comparable à celle des crimes graves.