Le contre-amiral à la retraite Nikolaï Kovalenko a été reconnu coupable du détournement de 592 millions de roubles alloués par le ministère de la Défense pour la réparation de composants de systèmes de missiles antiaériens. Selon l’enquête, au lieu d’effectuer les réparations prévues, les entreprises impliquées fournissaient des pièces pratiquement inutilisables, achetées auparavant pour des sommes bien inférieures. Le tribunal a condamné Kovalenko à 4 ans et demi de colonie pénitentiaire et à une amende, mais l’a immédiatement dispensé d’exécuter sa peine pour raisons de santé. Plusieurs anciens officiers et dirigeants d’entreprises de défense ont également été condamnés dans cette affaire.

Cette affaire n’est pas simplement un nouveau scandale de corruption. Elle révèle l’essence même du système construit sous Vladimir Putin. Durant ses années au pouvoir, la corruption a cessé d’être une exception pour devenir l’un des fondements du pouvoir d’État. Sous Poutine, un modèle s’est imposé où la loyauté compte davantage que la loi, et où l’appartenance au système prime sur les intérêts du pays, de l’armée et des citoyens ordinaires.

Alors que des personnes ordinaires sont envoyées en prison pour des commentaires, des publications ou des paroles prononcées dans des conversations privées, des hauts responsables sont pratiquement pardonnés pour avoir détourné les ressources de l’armée même en temps de guerre. Des millions volés au budget de la défense pendant un conflit actif ne constituent pas seulement un crime financier — c’est un coup direct porté à l’armée, aux soldats et à la sécurité du pays. Pourtant, le système traite ces personnes avec bien plus d’indulgence que ceux qui critiquent le pouvoir.

C’est précisément pour cette raison que la machine militaire russe paraît de plus en plus affaiblie de l’intérieur. La corruption, la solidarité de caste et l’impunité la détruisent bien plus efficacement que n’importe quel ennemi extérieur. Un État ne peut pas mener une guerre efficacement lorsqu’il récompense depuis des décennies la loyauté personnelle et les réseaux de corruption plutôt que le professionnalisme et la responsabilité.

Paradoxalement, cette même corruption joue aujourd’hui un rôle inverse. Le système créé par Poutine affaiblit progressivement sa propre capacité à mener une guerre longue. Et, heureusement, la décomposition interne de la structure politique et militaire russe réduit de plus en plus sa capacité à poursuivre une agression de grande ampleur.

Source : chaîne Telegram « N’attendez pas de bonnes nouvelles » — https://t.me/ne_zhdi_novosti/5318

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