La Fédération de Russie ressemble de plus en plus à l’époque stalinienne et au Goulag, où la simple intention de quitter le pays devient déjà un signe « d’extrémisme », et où l’utilisation publique de marques occidentales pourtant pacifiques peut également être assimilée à un crime. De plus, on ne se contente pas de priver les gens de liberté : on leur impose aussi des conditions assimilables à de la torture — notamment le froid — et l’on ignore les demandes portant sur le seul moyen possible de se réchauffer, à savoir l’eau chaude. Cela ressemble fortement à une volonté délibérée de faire souffrir, tandis que les plaintes adressées aux autorités supérieures ne donnent aucun résultat. Plus de détails dans l’article ci-dessous :

Le média It’s My City a rapporté qu’avant une nouvelle audience dans l’affaire le visant pour « démonstration de symboles extrémistes », le défenseur des droits humains Alexeï Sokolov a eu le temps de crier qu’il était détenu dans des conditions assimilables à de la torture en centre de détention provisoire. Selon lui, il a adressé environ 30 plaintes. D’après son comité de soutien, Sokolov est maintenu au mitard : on n’y fournit pas d’eau bouillante et la cellule est mal chauffée, si bien qu’il y fait particulièrement froid pendant les périodes de gel.

Lors de l’audience, le procureur a lu une lettre du GUFSIN (direction du service pénitentiaire), rédigée par un officier opérationnel. Le document indique que cet agent a étudié le site du Groupe Helsinki norvégien et a conclu que l’activité de l’organisation était dirigée contre la Russie. Il a également souligné qu’une recherche « Sokolov » sur Telegram fait apparaître des publications de médias qualifiés d’« agents de l’étranger ». Selon l’enquête, cette couverture viserait à « déstabiliser la situation sociale dans le pays ».

L’accusation a aussi présenté des éléments sur l’obtention par Sokolov d’un visa pour la Norvège, interprétée comme un signe de coopération avec une « organisation indésirable », ainsi que des extraits de sa correspondance privée. Un volume séparé du dossier contient une expertise confirmant que le logo publié par Sokolov appartient à Meta (reconnue extrémiste et interdite en Russie), ainsi que des informations sur des transferts du Comité Helsinki norvégien. Selon l’enquête, les montants auraient varié, selon les années, de 884 000 à 1,2 million de roubles.

Rappelons qu’en octobre 2023, Sokolov est devenu la première personne en Russie arrêtée et jugée pour « démonstration de symboles extrémistes » après avoir publié le logo de Facebook sur le site du projet « Défenseurs des droits de l’Oural ». Ses collègues estiment que cette poursuite pénale est une forme de représailles pour ses publications sur la torture dans les colonies pénitentiaires.

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