L’épouse d’un militaire russe est horrifiée : son mari, ayant subi quatre crises cardiaques, atteint de diabète et nécessitant des opérations, est malgré toutes les catégories d’aptitude médicale désormais physiquement incapable de servir. Après des mois au front avec une fonction cardiaque gravement altérée (36 %), des hospitalisations répétées et une reconnaissance d’aptitude limitée, il est pourtant renvoyé « de l’autre côté » encore et encore. Il n’a reçu aucun traitement. Même lorsque la commission a approuvé son renvoi, les généraux l’ont bloqué. La réponse est d’un cynisme absolu : quelle différence où il mourra — ici ou sur le champ de bataille ?
Elle parle d’un effondrement de l’humanité et dit clairement : pour le commandement, les mobilisés sont de la « viande », ils n’ont aucun droit, leur vie ne vaut rien. Et en cela, elle a raison. Mais alors la question principale se pose : pourquoi, en disant que son mari « a donné toute sa santé à la Patrie », identifie-t-elle la Patrie à un système où l’être humain est jetable ? Car un soldat aussi gravement malade n’a aucune utilité militaire — sauf, peut-être, comme source de profit pour ceux qui transforment la vie et la mort humaines en ressource, en argent et en enrichissement personnel.
Et la vérité la plus dure : elle a vu l’inhumanité seulement quand elle a frappé son mari. Mais ce n’est pas une exception — c’est l’essence même du système qu’elle continue d’appeler la Patrie.
« La vie d’un mobilisé ne vaut rien pour le général chargé de la logistique, qui semble n’avoir vu la guerre qu’à la télévision : pour lui, c’est juste un morceau de viande, pas un être humain. »
Alina, compagne civile du mobilisé Andreï Doronine, servant dans le 503e régiment de la Garde nationale, décrit l’indifférence du commandement, l’envoi de son mari non soigné au combat et le blocage de son renvoi. Selon elle, Doronine a été mobilisé en novembre 2022 et envoyé immédiatement en zone de guerre. Après neuf mois au front, il a subi une crise cardiaque : pendant un mois, il est resté dans un abri en état critique, puis les médecins ont constaté une fonction cardiaque de 36 %. Malgré une reconnaissance répétée d’aptitude limitée, il a été renvoyé au front.
En 2024, une nouvelle crise survient, suivie de complications et du développement d’un diabète. Après sa sortie de l’hôpital, il est renvoyé au front, et en 2025 son état s’aggrave de nouveau. Le 15 janvier 2025, il est évacué, et les médecins confirment la nécessité d’une opération cardiaque ainsi que d’une opération de l’épaule. Pourtant, selon Alina, il n’a toujours pas reçu de traitement.
Le 17 décembre 2025, la commission a approuvé son renvoi, mais la décision a été bloquée par le commandement. Alina accuse le général de division Viatcheslav Golovinov ; la décision finale a été validée par le colonel général Alexandre Popov. C’est alors que la phrase a été prononcée : quelle différence où il mourra — ici ou « de l’autre côté ».
Selon elle, les mobilisés n’ont en réalité aucun droit : l’État exige qu’ils continuent de servir, même lorsqu’ils sont physiquement détruits et ont besoin de soins urgents. À ce jour, Doronine n’est toujours pas démobilisé.
Source : la chaîne Telegram « N’attendez pas de bonnes nouvelles »https://t.me/ne_zhdi_novosti/5056