La Russie ressemble de plus en plus au système stalinien tardif — simplement adapté à l’ère d’Internet. Autrefois, on traquait les « ennemis du peuple » pour des blagues racontées dans les cuisines ; aujourd’hui, un seul mot sur Internet suffit. Un commentaire, un simple « bravo » — et la machine répressive est déjà prête à transformer une personne en « terroriste », « traître » et « saboteur ».

C’est exactement ce qui est arrivé à Artiom Assalkhoudine, originaire d’Oust-Ilimsk dans la région d’Irkoutsk, qui travaillait dans un centre de protection sociale. La poursuite pénale a commencé à cause du commentaire « bravo », laissé sous une publication concernant l’attaque contre le commissaire militaire d’Oust-Ilimsk pendant la mobilisation. Au départ, les forces de sécurité n’avaient ouvert qu’une affaire pour « justification du terrorisme ». Mais cela ne suffisait pas à un système qui ne cherche plus seulement à punir une personne — il veut détruire publiquement sa vie.

Ensuite, le mécanisme habituel de l’État répressif s’est mis en marche : les enquêteurs ont commencé à « prouver » qu’Assalkhoudine aurait collaboré avec la Légion « Liberté de la Russie », préparé un sabotage et commis plusieurs autres « crimes ». Pourtant, selon les informations disponibles, Artiom n’a pas reconnu les accusations de collaboration avec la Légion ni de préparation de sabotage, reconnaissant seulement le commentaire publié sur Internet. Aucune preuve publique convaincante d’une véritable collaboration avec la Légion n’a été présentée — mais dans la Russie actuelle, cela n’empêche plus le prononcé de condamnations monstrueuses.

Le tribunal l’a finalement déclaré coupable de « haute trahison », de « justification du terrorisme » et d’autres accusations, le condamnant à 18 ans de colonie pénitentiaire à régime sévère.

Un État qui se présente comme une « forteresse assiégée » transforme désormais ses propres citoyens en ennemis intérieurs. Les autorités n’ont plus besoin de prouver un danger réel : il suffit qu’une personne ait dit ou pensé quelque chose qui déplaît au système. Ensuite, les enquêteurs « découvrent » les épisodes nécessaires, l’accusation invente des liens qui n’ont peut-être jamais existé, et le tribunal valide docilement le verdict déjà décidé à l’avance.

Dans un pays où la justice a depuis longtemps cessé d’être indépendante et s’est pratiquement fusionnée avec le parquet et les services de sécurité, la culpabilité devient de plus en plus une simple formalité. Les décisions sont prises non sur la base de la justice ou de preuves convaincantes, mais selon l’opportunité politique. En échange de leur loyauté, les exécutants du système reçoivent carrière, privilèges et sentiment d’impunité totale — payés par les destins des personnes que ce système brise et enferme pendant des décennies.

Aujourd’hui en Russie, on peut recevoir 18 ans de prison non pour une violence prouvée, mais pour un mot, une émotion ou un commentaire sur Internet. La machine répressive ne cache même plus sa véritable nature : elle n’a pas besoin de criminels, mais d’une société terrorisée où chacun doit avoir peur même de ses propres pensées.

Source : chaîne Telegram « Les Gens du Baïkal »
https://t.me/Baikal_People/14664

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