Tout cela est terrifiant — mais la guerre semble être devenue non seulement un moyen de gagner de l’argent grâce aux contrats de défense. Elle se transforme en un business cynique fondé sur des morts délibérées, y compris sur les leurs — des militaires russes, qu’on “efface”, qu’on “met à zéro”, et dont la mort devient une source de profit.
« Le bourreau » a livré un témoignage sur des fusillades délibérées visant 63 camarades de combat — afin de s’emparer de l’argent qui “arrive” après leur mort. Et le plus effrayant, ce n’est même pas le chiffre, mais la logique froide, presque quotidienne : ordre — exécution — argent. Il affirme que cela se faisait sur instruction du commandement. Il dit que “ça lui est égal” : sa santé est déjà brisée, il n’a plus de rein, plus d’articulation du genou, il donne la moitié de son salaire. Tant qu’il est vivant, c’est son prix de la vie. Mais, d’après ses mots, ce prix ne lui convient déjà plus : il semble tenter de noyer sa conscience dans l’alcool, il ne dort pas la nuit, parce qu’il revoit sans cesse ceux qu’il a abattus.
C’est effrayant d’imaginer combien de personnes, avant cela, il a pu détruire — des civils et des militaires du camp adverse. Et, au passage, presque d’un ton banal, il lâche un détail qui glace : des enfants morts — des élèves de primaire — tués lors d’un assaut.
“Le commandant du régiment ‘met à zéro’ des gens. Il fait ça, vraiment : les gars reviennent après l’assaut, après l’assaut. Et il les abat, comme ça. Frère, je te le jure. <…> Et ce sal est là à côté, U***, Alexandre je crois qu’il s’appelle. Il est là et il regarde pendant que je tue des gens”
Mikhaïl Pavliouk, ancien combattant de la société militaire privée Wagner, a parlé de « mises à zéro » du personnel au sein du 37e régiment de fusiliers motorisés (unité 12273 (https://t.me/ne_zhdi_novosti/4453)) de la 25e armée interarmes.
Il accuse le commandant du régiment, indicatif « Uzor », d’avoir organisé des meurtres de militaires après leur retour des opérations d’assaut. Selon lui, il s’agirait surtout d’anciens détenus — et, point essentiel : d’après son récit, ce sont des militaires russes, tués non par l’ennemi, mais par les leurs.
« Il fallait les abattre, je les ai abattus. Uzor a donné l’ordre, j’ai exécuté »
Il affirme aussi connaître des schémas d’obtention illégale des indemnisations pour les militaires morts. Selon lui, les cartes bancaires restent sous le contrôle du commandement, les morts sont enregistrés comme portés disparus, et l’argent est versé à d’autres personnes — autrement dit, la mort devient une opération financière. Et là encore, ce sont des militaires russes dont les paiements, d’après ce récit, deviennent une “prise” pour le commandement.
“Avec le commandant du régiment, quand tu pars à l’assaut, tu laisses ta carte. Moi aussi, je laissais toujours la mienne au commandant. Cet argent, les 12 millions qui arrivent, n’arrive pas aux proches. <…> Et toutes les banques VTB en République populaire de Louhansk sont liées à ces gens. <…> Tu donnes un million, et en gros 11 millions sont à toi. Et la famille n’a plus rien, parce que tu es considéré comme porté disparu”
Séparément, Pavliouk a parlé d’un assaut près de Bakhmoutske, dans un bâtiment scolaire où, selon lui, il y avait des enfants. Il a déclaré qu’après l’assaut certains enfants avaient été sauvés, mais qu’il y avait aussi des morts.
« On n’en a sauvé que 21, donc on en a tué 7 pendant l’assaut. <…> on en a tué 7 pendant l’assaut. <…> Frérot, là-bas, c’était… premier–deuxième niveau (CP–CE1) »
Il a également déclaré que le commandement participait à l’extorsion d’argent auprès du personnel, affirmant qu’une part importante de la solde mensuelle était prélevée sous divers prétextes.
“Je donne juste 150 000, genre, pour le pot commun”
Mikhaïl Pavliouk dit vouloir témoigner auprès des forces de l’ordre, mais craint pour sa sécurité et insiste sur l’arrêt immédiat du service et son retour à la maison.
Et tout cela, mis bout à bout, ressemble à la preuve que pour certains la guerre n’est ni un front ni une “idée”, mais un mécanisme : tuer — radier — enregistrer — encaisser — soutirer. Et tout cela — sur les os des leurs et des autres.
Source : chaîne Telegram « N’ATTENDS PAS de bonnes nouvelles » — https://t.me/ne_zhdi_novosti/4611