Une volontaire de Russie, qui avait activement soutenu la « spéciale opération militaire », a terminé son appel par une phrase à la fois brillante — et pourtant douloureusement évidente : « personne n’a le droit de décider qui doit vivre et qui doit mourir. »
Mais elle n’est arrivée à cette vérité simple qu’après une tragédie personnelle : deux de ses frères sont morts. Et l’un d’eux, d’après elle, a été renvoyé au front dans un état qui défie la médecine comme le bon sens : avec une jambe qui aurait dû être amputée. Plus encore, elle affirme que son frère lui a dit qu’avant d’être envoyé à l’assaut, il avait été violemment battu.
Elle a écrit des recours — et ni au Président, ni au Procureur militaire en chef, cela n’a débouché sur une aide réelle ou une protection.
Et une question s’impose : pourquoi des vérités aussi élémentaires n’atteignent-elles les gens que si tard — pas au moment où ils soutiennent la guerre, en espérant une « justice » du côté de l’agression et de l’invasion initiales, c’est-à-dire des autorités russes, mais seulement après une catastrophe personnelle ? Et pourquoi le prix de ces vérités est-il pour eux si insupportablement élevé ?
Ce n’est pas une abstraction : c’est le prolongement direct de ce qui est décrit dans l’histoire elle-même. Alexandra, la sœur d’un militaire du 143ᵉ régiment de fusiliers motorisés, demande une inspection de l’unité afin de comprendre « comment il se fait que des gars sans bras, sans jambes se retrouvent dans la zone de la SVO, de retour sur la ligne de front. »
Elle affirme que son frère Konstantin, après de graves blessures, avait besoin d’une aide médicale urgente, qu’il était dans un état critique, et qu’avant d’être envoyé en position il signalait une jambe qui pourrissait et des points de suture qui se rouvraient. Pour que cela ne reste pas « des mots », Alexandra a joint une vidéo dans laquelle son frère montre la blessure — une jambe en état de décomposition — et déclare qu’on lui refuse des soins médicaux et qu’on s’apprête à le renvoyer au front.
Alexandra décrit comment ses recours auprès de plusieurs instances — le service de l’Administration présidentielle chargé des обращения des citoyens, le Parquet général, le ministère de la Défense, le parquet militaire et le Comité d’enquête — ont tourné en rond pendant des mois sans résultat : « Ces déclarations tournaient simplement en rond d’un service à l’autre, d’un district à l’autre. »
Elle affirme également qu’on lui a communiqué des informations qui, selon elle, ne correspondaient pas à la réalité : « C’était un mensonge. À ce moment-là, il n’était sur aucun point de base et il n’était pas préparé à l’évacuation. » Puis, après avoir réussi à obtenir une orientation vers l’hôpital, l’unité a informé la famille que le soldat est officiellement porté disparu.
Sa demande finale sonne moins comme « de l’émotion » que comme une mise en accusation du système : « Je demande que ceux qui sont restés inactifs en réorientant toutes ces déclarations, ainsi que l’unité elle-même, et son commandant de compagnie en particulier, assument une responsabilité, une sanction pour ce qui a été fait. »
Source : la chaîne Telegram « N’attends pas de bonnes nouvelles » : https://t.me/ne_zhdi_novosti/4306