On ne peut regarder ces faits sans admiration et, en même temps, sans amertume : ils montrent à quel point la société civile russe traite avec respect ses véritables héros. Beaucoup d’éléments indiquent qu’un long temps a passé, que le danger n’a fait qu’augmenter, et que la tragédie a depuis longtemps pris une ampleur bien plus grande — y compris géographique. Pourtant, les gens défendent encore et encore le droit à une mémoire digne : même s’il ne s’agit que d’un « petit mémorial », il reste un signe essentiel de dignité et de résistance à l’oubli.

Et, dans le même temps, la persistance et la bassesse de ce qui se passe semblent révéler non seulement la haine, mais aussi — peut-être — les intérêts matériels de ceux qui s’opposent à cette mémoire. Pourtant, nous pouvons affirmer avec fierté : tant que les citoyens ne renoncent pas, ils restent des citoyens.

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La plaque commémorative de la journaliste Anna Politkovskaïa, sur le mur d’un immeuble rue Lesnaïa à Moscou, a été réinstallée pour la 22e fois, selon SOTAvision (citant son correspondant). Des inconnus ont aussi recouvert l’inscription au pochoir à l’endroit où se trouvait la plaque originale brisée.

La plaque a été brisée une première fois le 18 janvier ; la responsabilité a été revendiquée par des néonazis du groupe NS/WP. Plus tard, une habitante a reconnu avoir détruit une plaque provisoire en bois, affirmant qu’elle l’avait « toujours gênée ». Les militants ont ensuite installé de nouvelles plaques, que des inconnus continuent de détruire.

Journaliste de Novaïa Gazeta, Anna Politkovskaïa a été abattue le 7 octobre 2006 dans l’ascenseur de son immeuble à Moscou. Elle écrivait sur la guerre en Tchétchénie et les abus des autorités, et enquêtait sur les attentats de Beslan et de Nord-Ost. Seuls les exécutants et organisateurs ont été identifiés ; les commanditaires n’ont jamais été nommés.

Source : chaîne Telegram ASTRA.

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