Dans la Russie d’aujourd’hui, les poursuites pénales ne visent pas seulement celles et ceux qui s’opposent ouvertement au pouvoir, mais aussi toute personne qui conteste des décisions prises de manière unilatérale par le Kremlin ou par ses plus proches « vassaux ». Ici, il est question de la Tchétchénie et, en particulier, de Ramzan Kadyrov : sa ligne politique a conduit à une tentative de transfert d’une partie des terres de l’Ingouchie au profit de la Tchétchénie. Les habitants de l’Ingouchie ont protesté, mais les autorités ont durement réprimé ces mobilisations par des peines de prison. Malgré tout, le temps passe, et certains militants commencent à retrouver la liberté.

La libération d’Akhmed Barakhoev et de Musa Malsagov a été annoncée : tous deux étaient poursuivis dans la dite « affaire ingouche ». Cette procédure est liée aux manifestations de masse organisées à Magas les 26 et 27 mars 2019, lorsque les participants s’étaient opposés à un accord avec la Tchétchénie prévoyant l’aliénation d’une partie du territoire ingouche. Au total, plus de 200 personnes ont été sanctionnées administrativement et plus de 50 ont fait l’objet de poursuites pénales.

Le 15 décembre 2021, sept personnes ont été condamnées à des peines allant de 7 ans et demi à 9 ans de prison pour organisation ou participation à une communauté extrémiste. Auparavant, Zarifa Sautieva, Ismaïl Nalgiev, Bagaoudine Khaoutiev et Barakh Chemurziev avaient déjà été libérés. Désormais, proches, avocats et amis ont accueilli Barakhoev et Malsagov à leur sortie. Les soutiens attendent aussi la libération de Malsag Oujakhov.

Un autre volet concerne l’arrestation, en février 2021, de l’ex-ministre de l’Intérieur de l’Ingouchie Akhmed Pogorov : il a été condamné à neuf ans de prison et est devenu le huitième mis en cause rattaché au dossier des « leaders » du mouvement de protestation ingouche.

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